Données sur la migration au Mali

La plateforme rassemble en un seul lieu les statistiques sur l’émigration, l’immigration et les mouvements internes. Elle est hébergée par la Cellule de Planification et de Statistique du Secteur Coopération, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations.

1 241 238 km² de superficie
17,5 millions d’habitants, dont 52,4 % ont moins de 15 ans
485 000 migrants au Mali en 2020 (UNDESA), dont 85 % d’Afrique de l’Ouest et du Centre
4 millions de membres de la diaspora malienne, estimée

Un territoire sahélien

Le Mali dispose d’un vaste territoire d’une superficie de 1 241 238 km². Il est situé en plein cœur du Sahel, et il compte parmi les pays les plus enclavés de l’Afrique de l’Ouest. Sa population est estimée à 17,5 millions d’habitants (dont 49,5 % d’hommes et 50,5 % de femmes). Il s’agit d’une population jeune (52,4 % ont moins de 15 ans), peu alphabétisée (33,5 %) et concentrée en zone rurale (60,08 %) ; 49,25 % vivent avec moins de 1,9 dollar américain par jour. C’est un des pays les plus pauvres de la planète, avec une espérance de vie de 58,4 ans (source : OMS, données de 2015 publiées en 2016).

Une économie sous tension

L’économie malienne présente un taux de croissance significatif malgré une situation politico-sociale tendue. L’indice de développement humain établi en 2019 par les Nations unies classe le Mali au 184e rang sur 188 pays. Exacerbée par la sécheresse et la guerre, l’incidence de la pauvreté est beaucoup moins élevée dans les zones urbaines, les populations pauvres se concentrant à 90 % dans les zones rurales du sud du pays, où la densité démographique est la plus forte.

Au carrefour des flux

La position géographique du Mali et ses frontières perméables, qu’il partage avec sept pays, combinées à son histoire, placent le pays au centre des différentes dynamiques des flux migratoires. En 2020, l’UNDESA a enregistré plus de 485 000 migrants vivant au Mali, dont 85 % sont des ressortissants de la région d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Le Mali est un point de transit stratégique : sa position entre le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest et centrale facilite le départ des candidats à la migration régulière et irrégulière.

Libre circulation

Le Mali a ratifié tous les accords sur la libre circulation des personnes et des travailleurs au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il a aussi établi des accords bilatéraux d’établissement et de circulation avec des pays d’Afrique centrale et du Maghreb, rendant encore plus attractif un passage par le Mali, car ces accords facilitent la poursuite de la migration vers le Nord (Daniel, 2009). Aucune mesure ne limite la circulation des personnes ou le droit d’établissement en tant que travailleur indépendant ; ainsi les ressortissants de la CEDEAO n’ont pas besoin de permis de séjour et peuvent s’installer librement au Mali pour travailler ou exercer une profession libérale.

Travail et attractivité

Les ressources minières, les activités agricoles et les échanges commerciaux sont des facteurs attrayants qui poussent les étrangers à venir travailler dans ces secteurs. Les étrangers au Mali sont principalement originaires d’Afrique subsaharienne et se déplacent généralement pour de meilleures opportunités d’emploi ou de moyens de subsistance. La région ouest-africaine est une grande zone de départ. Le dynamisme de certains secteurs de l’économie malienne attire de plus en plus les migrants des pays d’Afrique de l’Ouest.

Une diaspora active

Le Mali est aussi un pays d’émigration, qui a toujours bénéficié de l’apport de sa diaspora, installée en Afrique, en Europe et dans le reste du monde. Estimée à environ 4 millions de personnes, la diaspora malienne finance des activités très diverses dans les localités d’origine : infrastructures de base (écoles, centres de santé, lieux de culte, ouvrages et micro-projets agricoles), introduction de nouvelles techniques agricoles, soutiens alimentaires aux familles.

Pourquoi cette plateforme

Malgré les efforts entrepris pour élaborer des politiques et des stratégies en lien avec la migration, celles-ci ne reposent pas souvent sur des données fiables, faute d’informations complémentaires ou parce qu’elles sont éparpillées. Le Mali, à l’instar d’autres pays de la sous-région et du continent, manque de données précises sur les phénomènes migratoires, qu’il s’agisse de l’émigration, de l’immigration ou des mouvements internes. Les statistiques restent dérisoires et peu fiables. Les structures qui œuvrent dans le domaine de la migration se sont donc réunies pour centraliser les informations disponibles en un seul lieu. La Cellule de Planification et de Statistique du Secteur Coopération, structure technique qui centralise les données statistiques du secteur, a été choisie pour héberger la plateforme et coordonner son animation, financée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

À voir

Tunisie : des centaines de migrants rentrent au Mali et en Côte d’Ivoire. Ouvrir sur YouTube

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